Vers un rétablissement de l'ordre à Paris 7 ?(publié le 28/11/07)

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Aujourd'hui, conformément aux attentes de la majorité des étudiants, le Président de l'université a recouru aux forces de l'ordre et a donc fait en sorte que les étudiants retrouvent enfin leur liberté d'étudier.

Nous avons aujourd'hui pu mesurer le degré d'agressivité de ceux prétendant défendre les droits de étudiants; nous avons surtout vu des individus fortement idéologisés, scandant des slogans tels que: "A MORT L'ETAT, LES FLICS ET LES PATRONS!!!" et des vandales faisant passer la loi LRU pour le bouc-émissaire afin de pouvoir se livrer au saccage de nos amphithéâtres sur notre nouveau campus PRG et de les considérer comme de vulgaires squatts.

Nous condamnons fortement ces agissements et considérons que les individus se livrant à ces exactions ne sont pas des étudiants, quand bien même ils seraient inscrits à Paris 7. Un étudiant n'est pas simplement un titre sur un bout de papier. C'est un individu censé adopter un comportement studieux, faisant preuve d'assiduité aux cours et aux travaux dirigés et qui ne profite pas de n'importe quelle réforme pour entraver les chances de réussite des autres étudiants.
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Notre université n'est pas une zone de non-droit au sein de laquelle une minorité peut s'arroger en toute impunité le droit de disposer des locaux à sa guise et d'entraver la libre circulation des étudiants inscrits à Paris 7. liberté

Depuis le début des blocages, nous nous sommes attachés à faire valoir nos droits, mais également à *faire valoir les droits de tous les étudiants voulant achever leur semestre normalement*; mais certains ne le pourront pas ou alors avec de grandes difficultés. Je pense notamment à ces étudiants salariés qui font tout pour s'en sortir, qui travaillent parfois jusqu'à 20 heures par semaines, essentiellement le week-end parce qu'ils n'ont pas le choix.

Comment vont-ils faire si les cours vont devoir être rattrapé les week-end? Devront-ils prendre le risque de ne pas se présenter au travail au risque de se faire licencier pour pouvoir assister à leurs cours? Et vous bloqueurs prétendez que vos exactions ne pénalisent personne? Peut-être vivez-vous encore chez vos parents, peut-être n'êtes vous pas obligés de travailler chez Mc Do pour financer vos études et que de ce fait, vous y attachez moins d'importance.

Vous ne semblez pas réaliser à quel point vous avez la chance de pouvoir faire des études supérieures, et pourtant vous vous révoltez. Contre qui? Contre quoi? A ce stade du mouvement, la plupart d'entre vous l'aura très certainement déjà oublié. Vous avez également oublié que vous avez les urnes, mais aussi la rue pour manifester votre ressenti.

Quelle utilité trouvez-vous donc à bloquer l'université dans laquelle vous étudiez, dans laquelle nous étudions?

Quelle utilité trouvez-vous donc à vous considérer comme des victimes du système, de la répression policière si vous adoptez un comportement dont vous connaissez les conséquences? Nous ne voulons pas plus que vous que des rixes éclatent entre "bloqueurs" et "anti-bloqueurs" à l'université Paris 7, mais nous voulons étudier et surtout, que vous compreniez que vos opinions ne sont pas forcément celles de tout le monde.
Pour vous, nous ne sommes que des fachos et des collabos; en réalité, *nous ne sommes que des étudiants*, comme la plupart d'entre vous, des étudiants réclamant la liberté d'étudier que vous nous avez arrachée le 19 novembre et que nous réclamons depuis bientôt deux semaines. Nous en avons assez de nous déplacer à la fac' sans savoir si on aura cours ce jour là; nous en avons assez de ne pas savoir s'il faut réviser ou non pour une interrogation qui sera certainement suspendue en raison des blocages; nous en avons assez de ce désordre qui ne sert pas plus vos intérêts que les notres.

Nous en appellons aujourd'hui à votre responsabilité, vis-à-vis de notre université et de l'ensemble des étudiants, mais sachez que nous resterons mobilisés et que notre action restera guidée par la volonté de rétablir notre liberté d'étudier.

De la liberté de penser à la libre pensée

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L'Homme renferme le souci de s'exprimer depuis les temps les plus reculés. C'est en sa parole que se réalise sa quintessence à en croire Kant. N'ayant de sens que de par la société qui l'induit, si elle a été et demeure hélas bien souvent brimée la liberté d'expression est un des acquis les plus précieux de notre monde moderne.

République… une bien douce mélodie pour les bonnes gens, au son de laquelle pourtant les tyrans les plus sanglants vont se terrer sous leurs fortifications. Le pouvoir aux mains du peuple tout entier. La force dans l'union ! C'est bien cela que sous-tend la démocratie.

Le pouvoir aux mains du peuple… cette noble idée inclue tous le peuple sans aucun laissé pour compte. Il ne s'agit pas de donner la parole exclusivement aux riches ou aux pauvres, mais à tous, pour qu'il décide de son existence d'une seule et même voie ! Historiquement les régimes pré démocratiques prenaient différente formes. A Athènes avant la République de Solon, s'étaient alternativement succédées monarchie, tyrannie et oligarchie. Ces régimes autoritaires n'incluaient pas le peuple dans les décisions concernant la cité. Un élément important à soulever consiste en cela que si ces temps-là voyaient le pouvoir oligarchique concentré aux mains des plus aisés, aujourd'hui une poignée d'homme se plaisant à être considérés comme défavorisés imposent leurs idées de façon tout aussi autoritaire au nom de la démocratie ! Ce comportement est à l'opposé de celui imaginé par tous les penseurs de la République.

En outre les méthodes employées sont lourdes de symbole. Bloquer les universités c'est faire obstacle au savoir, c'est mettre la pensée dans un carcan. Ce comportement obscurantiste est propre aux plus grands dictateurs. Le savoir fait peur aux tyrans. C'est sur ce point d'ailleurs que les Lumières ont fondé leur combat au XVIIIème siècle. L'histoire montre que les dictateurs les plus sanguinaires ont fermé l'accès à la culture à tous ceux qui pouvaient leur nuire. En URSS l'accès aux universités et donc à la discipline étudiée était fonction de la relation de la famille au Parti. N'importe quel individu n'avait pas le droit d'étudier la philosophie ou l'histoire politique. Dans toutes les tyrannies ce sont les intellectuels qui ont été bâillonnés en premier ! Le journaliste socialiste Matteotti, assassiné en 1924 à l'arrivée au pouvoir de Mussolini, car dénonçant le fascisme. La main mise sur la culture est une constante dans ce genre de régime. Et il n'est pas anodin d'observer que les contestataires d'aujourd'hui manifestent leur mécontentement en barrant l'accès au savoir !

Les sociétés les plus libérales modernes, dites démocrates, se fondent pour la plupart sur les thèses Lockéennes. « L'homme n'est pas un loup pour l'homme » selon Locke. La marge de manœuvre qui est laissée au peuple est immense. Il s'agit en réalité d'un pari sur l'avenir en misant sur la vertu de l'homme, sa faculté à raisonner et à comprendre. L'homme n'est pas vu comme une bête à brimer mais plus comme un être dont la moindre production de l'esprit est intelligible. Le pouvoir laissé au peuple a pour objectif de bonifier la société.

Une dérive évidente de ces considérations est l'anarchie. La parole à tous, la libre pensée déboucherait inévitablement vers un chaos social. C'est cette faille du système qui permet à Hobbes de défendre « l'état Léviathan ». Cet état qui dévore tous ses sujets est légitime en cela qu'il met fin à l'entropie ravageuse qu'engendrerait la démocratie. Des dictateurs justifient ainsi leurs crimes les plus horribles. Ils tuent pour maintenir l'ordre et permettre à la société de se maintenir.

Les bloqueurs et autres se revendiquant d'un pseudo courant anarchiste ne sont pas étrangers à ces écueils. En utilisant les failles du système, et installant un climat d'anarchie au lieu d'opter pour de véritables débats plus constructifs, ils donnent raison aux anti-démocrates. Ces instants chaotiques minent la République, en freinant le peuple dans son élan. Au nom de nobles causes, que sont celles des travailleurs ou des moins favorisés d'entre nous, ces revendications n'ont d'autres buts que de servir ces hommes de l'ombre, défenseurs de la veuve et de l'orphelin, ces Krivine et compagnie qui se battent pour des idéaux dépassés depuis des lustres, ces idéaux marxiste devenus stalinistes qui ont fait preuve de leur mal. Ces personnages ne visent que leurs propres intérêts, utilisant la misère et la crédulité des plus faibles sans quoi leur propagande n'aurait pas d'effet.

La démocratie donne la parole à quiconque pourvu que celle-ci serve l'intérêt commun et place le peuple en situation de force sur n'importe quel autocrate qui obstruerait sa liberté. Elle n'a pas pour objectif de générer de nouveaux tyrans, de quelque bord soient-ils, portés aux pouvoirs par un ramassis de libres pensées irréfléchies aussi perturbatrices que des électrons libres, des idées plus déconstructrices que réparatrices, plus annihilationnistes que nihilistes. Tous ces trotskistes d'opérette passent sous silence les véritables ambitions de leurs aînés : la Liberté !

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Jeremie étudiant en L3 à l'Université PARIS 7.

CONTRE LE BLOCAGE DE PARIS VII, MOBILISONS-NOUS !!!

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Depuis la date du lundi 19 novembre, l'université Paris VII est perturbée par un petit groupe d'étudiants se permettant de bloquer tous les accès à la Halle aux Farines et donc, de porter directement atteinte à notre liberté d'étudier.

Ainsi, la Halle aux Farines a été bloquée intégralement lundi sans aucune possibilité d'accès à l'intérieur du bâtiment et aujourd'hui les cours ont repris normalement (sauf sur le site de Javelot où le mouvement semble se radicaliser).

Néanmoins, cela n'a pas empêché une poignée d'agitateurs d'organiser une nouvelle AG aujourd'hui mercredi 21 novembre et d'avoir voté le blocage de la Halle aux Farines jusqu'à lundi 26 novembre inclus. Ainsi, le renouvellement du blocage sera encore décidé par un vote (vraisemblablement encore à main levée et sans présentation de la carte d'étudiant) lundi prochain et nous ignorons donc combien de temps encore cette situation intolérable risque de se prolonger.

Néanmoins, la réalité démocratique est toute autre quand on respecte certaines modalités d'organisation des votes (bulletins secrets, présentation de la carte d'étudiant etc.)

Pour exemple, 66 % des étudiants se sont prononcés lundi dernier contre le blocage de leur université à Metz et 61 % en sciences à Angers. Devons-nous également citer l'exemple de Paris I – Tolbiac où 75 % des étudiants ont voté sur Internet la reprise des cours et l'arrêt des perturbations? Il s'agissait alors de votes démocratiques, à bulletins secrets et où les étudiants participants étaient bel et bien inscrits dans l'établissement dans lequel ils votaient.

Autre point important: Ces mêmes votes n'étaient pas précédés d'AG interminables destinées à lasser les étudiants qui veulent travailler. En effet, il va sans dire que ceux qui sont contre les blocages sont ceux qui continuent à aller en cours et qui ne peuvent donc se permettre le luxe d'assister à l'intégralité de ces longs débats "démocratiques" que nous imposent la minorité d'irréductibles qui veulent nous avoir à l'usure.

Aujourd'hui, nous ne sommes plus seuls à protester face à cela et la moitié des universités françaises sont encore accessibles grâce à des étudiants n'ayant plus peur de défendre leurs droits, grâce à ceux qui osent faire entendre leur voix, et nous pouvons faire de même!

Quoi qu'il en soit, vote ou pas vote, le blocage de l'accès à nos lieux d'enseignements est un acte illégal contrevenant à l'article 811-1 de l'Education Nationale.

Il est incontestable que nous sommes aujourd'hui plus nombreux que ceux prétendant employer des méthodes "démocratiques" et c'est pourquoi nous appelons à une forte mobilisation de tous les étudiants de Paris VII ne supportant plus cette situation à militer en faveur du retour à la normale et à la reprise des enseignements.

La fermeture administrative de mardi a porté un coup sévère au blocage, mais le message n'a manifestement pas été assez fort, et bien que le Président de l'université soutienne notre objectif qui est la reprise normale des enseignements, il ne peut réitérer cette initiative car cela porterait directement atteinte à l'image et au bon fonctionnement de notre université.

Devons-nous continuer à subir l'extrémisme de ceux jugeant insuffisant le droit de manifester leur mécontentement dans la rue et se permettant d'empêcher par la force et par la violence les étudiants d'accéder à leurs salles de cours?

Devons-nous laisser agir une minorité (dont certains ne sont pas étudiants à Paris VII, voire pas étudiants du tout) au risque de ne pouvoir préparer nos examens dans de bonnes conditions?

Ne rien faire face à cela, c'est encourager cette minorité à intensifier ses actions (qui rappelons le sont parfaitement illégales) et à nuire toujours plus à la majorité d'étudiants qui veulent travailler dans des conditions normales.

Nous lançons donc aujourd'hui un appel à la mobilisation générale de tous les étudiants voulant retourner en cours et les invitons à se joindre à nous à la date du lundi 26 novembre (nous vous communiquerons l'heure quand nous aurons plus de renseignements sur la suite des événements, AG etc.) sur l'esplanade des Grands Moulins afin de montrer que nous sommes les plus nombreux en lançant un fort mouvement de protestation et afin de réclamer auprès de la présidence un retour à la normale dans les plus brefs délais.

Néanmoins, n'hésitez pas à continuer à venir sur le campus (dans la mesure du possible vu les problèmes de transports) pour vous tenir informé de la situation, et pour rassembler d'autres personnes autour de vous, car nous ne sommes bien évidemment pas seuls à être contre les nuisances de cette minorité. Pour cela, prenez tout ce que vous pouvez: adresses mails, ou numéros de téléphones, et prévenez un maximum de personnes au sujet de la mobilisation de lundi.

Plus nous serons nombreux et mieux nous pourrons défendre notre LIBERTE D'ETUDIER!

Et bien sûr, faîtes suivre ce message au plus grand nombre d'étudiants possibles de Paris VII afin qu'un maximum de personnes soient présentes lundi.

N'hésitez pas à nous faire part de vos idées et suggestions. Tout commentaire est le bienvenu : Nos mail .

OBU 2007 : Contre le blocage pour la liberté d'étudier